Fed : le nouveau président Warsh apporte plus de questions que de réponses
Publié le 18 juin 2026

Ce mercredi 17 juin, Kevin Warsh a tenu sa première conférence de presse en tant que président de la Fed. Le moins que l’on puisse dire est que le changement de mode de communication est radical. Kevin Warsh a manifestement tenté de marquer une rupture sur plusieurs plans.
Commençons par le communiqué du FOMC, via lequel le comité de politique monétaire explique généralement ses décisions. Celui est très fortement réduit. On ne trouve que 130 mots dans le communiqué du FOMC de juin, contre 341 pour celui d’avril. Le changement est radical et le mode de rédaction minimaliste rappelle celui qui prévalait lors de la présidence d’Alan Greenspan.
En conférence de presse, Kevin Warsh a insisté sur le changement de cap en insistant en creux sur le bilan des années Powell, qu’il a l’air de juger durement. Il a rappelé que l’inflation est supérieure à la cible d’inflation de 2% depuis 5 ans et il a répété à de nombreuses fois que la Fed allait désormais parvenir à la stabilité des prix. Il évoque « un nouveau chapitre pour la banque centrale ».
Par ailleurs, Kevin Warsh lance de grands chantiers pour la Fed. Il a annoncé vouloir lancer 5 task forces constituées de membres de la Fed et de personnes n’en faisant pas partie. Il s’y est référé à de nombreuses reprises et ils semblent constituer le cœur du changement de cap souhaité. Les sujets sont les suivants : la communication de la Fed, le bilan de la Fed, les données utilisées, la productivité et l’emploi et les déterminants de l’inflation. En conférence de presse, Warsh s’est largement retranché derrière ces task forces, ce qui lui a permis de ne pas trop se positionner. En cela, il a finalement apporté plus de questions que de réponses…
Alors que Donald Trump a nommé Kevin Warsh pour baisser les taux directeurs, les membres du FOMC ont révisé à la hausse leurs projections de taux (les « dots »). La moitié d’entre eux indiquent un statu quo ou une baisse de taux et l’autre moitié une ou plusieurs hausses de taux. Au passage, on pourra se demander si les « dots » ont un avenir, étant donné que Warsh n’apprécie pas l’exercice.
Le statu quo de la Fed reste sans doute le scénario le plus crédible, surtout maintenant que les prix du pétrole sont repartis à la baisse, qui constitue un élément que Warsh pourra instrumentaliser lors du prochain FOMC. Toutefois, avec la réduction à venir de la communication de la Fed, le suivi de la politique monétaire américaine va devenir plus complexe et exigeant.