COP 30 : préserver la biodiversité, un enjeu pour l’économie mondiale
À l’approche de la COP 30, il nous semble important de rappeler que, comme la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité s’impose comme un enjeu central pour l’économie mondiale.
Publié le 27 octobre 2025

Selon le Forum économique mondial, plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature et de ses services écosystémiques, alors que la perte de biodiversité s'accélère. Plus qu’une thématique d’investissement, ce phénomène devient un risque majeur, que nous devons adresser en tant que gérant d’actifs.
La biodiversité englobe la diversité des gènes, des espèces et leurs interactions. La plateforme IPBES, qui est à la biodiversité ce que le GIEC est au climat, a identifié les 5 pressions sur la biodiversité : changements d'utilisation des terres, pollution, changement climatique, surexploitation des ressources et espèces invasives. Citons quelques exemples : la déforestation peut entraîner la perte d'habitats pour de nombreuses espèces animales et végétales, la pollution de l'eau peut affecter la qualité de l'eau et appauvrir la diversité des espèces aquatiques, le changement climatique peut provoquer l’acidification des océans, ce qui peut également avoir un impact sur le cycle de vie des espèces. Contrairement au climat, la biodiversité couvre différents enjeux environnementaux, et il n'y a donc pas qu'une seule métrique à comprendre et à analyser.
Si l’Accord de Paris fait figure de repère pour le climat, la contribution à la résolution de la crise de la biodiversité doit s’inscrire dans les Objectifs de Kunming-Montréal, définis lors de la COP15 en 2022. Contrairement au climat, la biodiversité est un enjeu multifactoriel : il ne s’agit pas seulement de limiter la quantité d’émissions dans l’atmosphère pour limiter le réchauffement climatique, mais de répondre à 23 cibles qui couvrent l’ensemble des pressions identifiées. En tant qu’investisseur, nous devons nous fixer des objectifs alignés sur ces cibles, par exemple contribuer à réduire les risques de pollution, à encourager la consommation durable, à réduire les menaces associées au changement climatique, etc.
Chez CPRAM, nous avons fait de la biodiversité un champ d’action. Nous avons construit une méthodologie d’analyse des entreprises élaborée avec l’appui scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle, et structurée autour des piliers Terre, Eau et Climat. Ces travaux ont conduit, fin 2023, au lancement d’une stratégie actions internationales dédiée à la biodiversité.
Notre approche est multisectorielle et cible en priorité les secteurs à forts enjeux biodiversité (comme l’alimentation, la chimie, la consommation), qui offrent un levier important pour réduire les pressions. Après avoir exclu les activités ou les pratiques structurellement incompatibles avec la préservation du vivant la méthodologie a pour objectif de sélectionner, au sein de chaque secteur, les entreprises présentant les meilleures pratiques en matière de biodiversité selon 3 critères : empreinte environnementale, efforts réalisés et crédibilité. Le gérant construit ensuite son le portefeuille en recherchant un compromis entre attractivité financière et caractéristiques extra- financières permettant d’atteindre les objectifs définis sur les piliers Terre, Climat et Eau.
L’engagement actionnarial et le vote constituent des leviers essentiels : ils favorisent la transparence, incitent les entreprises à améliorer leurs pratiques et d’accompagnent leur transformation vers des modèles plus durables. L’efficacité de ces leviers exige un dialogue soutenu et du temps.
La réorientation des flux financiers mondiaux est indispensable pour réorienter l'économie vers un modèle plus respectueux des limites planétaires. Notre stratégie actions internationales vise à concilier recherche de performance financière (via un univers large) et contribution aux objectifs de préservation de la biodiversité, tout en reconnaissant les arbitrages et les risques associés à cette démarche.