Danaher a dévoilé le 7 octobre son premier laboratoire autonome piloté par l'intelligence artificielle, dont la montée en régime est attendue début 2027. Installée chez Abcam, la plateforme vise la découverte d'anticorps et de réactifs d'affinité selon une boucle continue « concevoir-fabriquer-tester-apprendre ». Des modèles d'IA proposent des molécules, la robotique les produit et les teste, et chaque résultat vient réentraîner le modèle pour la conception suivante. Les objectifs affichés sont ambitieux : une découverte jusqu'à huit fois plus rapide et une capacité de production annuelle de réactifs multipliée par dix, de quelques dizaines à plusieurs centaines. Ces chiffres restent des cibles de conception à valider ; l'intérêt de l'annonce tient surtout à son architecture. Le laboratoire assemble les technologies de cinq filiales du groupe (Beckman Coulter Life Sciences, Cytiva, Genedata, IDT et Molecular Devices), orchestrées par la start-up Automata, dans laquelle Danaher a investi en janvier. Danaher inscrit ce projet dans un programme plus large d'instruments « intelligents », pilotables par logiciel et générant des données directement exploitables par l'IA. Pour un fournisseur d'outils de recherche, vendre des flux de travail intégrés plutôt que des équipements isolés est un levier de différenciation face à Thermo Fisher ou Agilent. C'est aussi un moyen de renforcer la part des revenus récurrents liés aux consommables et aux logiciels. À plus long terme, l'automatisation de la recherche amont pourrait devenir un facteur structurant de la demande d'équipements de laboratoire, et Danaher se positionne pour en capter la valeur.
En septembre, la hausse des marchés a été principalement tirée par la technologie (+7%) et les services de communication (+6%), deux secteurs étroitement liés à la thématique de l’intelligence artificielle. La santé a également légèrement progressé, mais dans une moindre mesure. À l’inverse, les autres secteurs ont enregistré des performances négatives, en particulier ceux sensibles aux taux, comme l’immobilier et la consommation, pénalisés par un environnement monétaire toujours restrictif et la remontée des taux longs. Dans ce contexte, le portefeuille a reculé de -1,1%, sous-performant le MSCI World d’environ (+1.1%). Cette sous-performance s’explique avant tout par un effet d’allocation défavorable, lié à des segments peu ou pas exposés dans le portefeuille. L’absence de position sur Meta Platforms, en forte hausse sur la période, a notamment pesé sur la performance relative. Le second frein majeur est venu de la Medtech, avec les baisses marquées de Stryker (-12%) et Boston Scientific (-7%), affectés par des perturbations opérationnelles liées à des cyberattaques. De son côté, EssilorLuxottica (-9%) a été impacté à la fois de tensions de gouvernance et des inquiétudes liées au potentiel de disruption des lunettes intelligentes. À l’inverse, Intuitive Surgical (+10%) a bénéficié d’avancées réglementaires et commerciales en Europe, confirmant son leadership dans la chirurgie robotique. Les Life Science Tools ont également apporté un soutien ponctuel, tandis que les financières et la consommation discrétionnaire ont été pénalisées par la remontée des taux. Le secteur du voyage a subi la pression de la hausse du pétrole au-delà de 100 dollars le baril avec notamment Booking (-16%), impactée aussi par les craintes de disruption liées à l’apparition d’agents d’intelligence artificielle. La hausse des taux a également affecté les dépenses pour l’amélioration de l’habitat avec notamment Home Depot (-10%). En termes de mouvements, le principal fait marquant a été la réintroduction de Galderma et de Lonza après correction liée aux pressions sur les taux longs.
Contrairement à septembre, le calendrier monétaire d'octobre s'annonce resserré en fin de mois seulement : la Réserve fédérale se réunira les 27 et 28 octobre, suivie de près par la Banque centrale européenne le 29 octobre, sans échéance majeure avant cela. Cette fenêtre laissera l'attention des marchés se concentrer sur les publications d'inflation et sur la poursuite du bras de fer budgétaire français. Le scénario favorable reposerait sur une stabilisation des rendements longs, qui soulagerait mécaniquement les valeurs de croissance à duration longue qui dominent l'exposition du fonds hors valeurs financières ; le scénario défavorable verrait, à l'inverse, se prolonger le repricing haussier des taux qui a pesé sur septembre, avec un risque de contagion renouvelé aux grandes valeurs financières du portefeuille. Sur le plan microéconomique, octobre marque l'ouverture de la saison des résultats du troisième trimestre, avec une série de publications déterminantes pour les convictions du fonds. LVMH devrait, publier ses ventes du troisième trimestre à la mi-octobre — un test important de la stabilisation, ou non, de la demande chinoise. Allianz et ING publieront leurs résultats trimestriels en novembre ; d'ici là, la dynamique du rachat d'actions d'ING et la poursuite, ou non, de la défiance envers les grands assureurs resteront les principaux points d'attention sur la poche financière. Enfin, la capacité d'Argenx et de Genmab à prolonger leurs catalyseurs cliniques respectifs, ainsi que le suivi de la dynamique commerciale de l'Ivonescimab chez AstraZeneca et Summit Therapeutics, conditionneront la reproductibilité de la contribution positive de la pharmacie. Mise en regard de ces perspectives, la structure sectorielle du portefeuille appelle une lecture différenciée. Les gestionnaires d'actifs offrent un signal plus structurel : la résistance des acteurs purs de la retraite face à la correction des grands assureurs conforte la conviction du fonds sur ce sous-segment, qui devrait continuer de profiter d'un environnement de taux durablement plus élevé tant que les craintes de crédit ne s'étendent pas à cette poche. Les loisirs demeurent, à l'inverse, le principal point de vigilance : la double exposition au pétrole et à la demande chinoise de luxe s'est révélée cumulative en septembre, et rien dans les perspectives d'octobre — ni sur le baril, ni sur le sentiment chinois — ne suggère un retournement imminent.