Date d'effet: 31/08/2026Le programme européen d’observation de la Terre, Copernicus, a annoncé cet été un record de température moyenne à la surface des océans du globe, à 21.1°. Au-delà du confort de baignade des vacanciers, cette température pose de graves problèmes, tant pour la vie animale et végétale que pour les risques climatiques engendrés : L’ONU a déjà averti qu’El Nino, le phénomène météorologique qui se produit à intervalles réguliers et interromps les alizés qui évacuaient la chaleur de l’Amérique Latine vers l’Asie, serait particulièrement fort cette année ; cela se traduit déjà par des variations de précipitations importantes et la formation de cyclones dans le Pacifique, qui n’ont heureusement pour le moment pas touché les côtes américaines. L’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5° est déjà dépassé, mais les événements climatiques de cet été montrent l’importance de tenter de limiter au maximum le dépassement de ce niveau pour ne pas faire face à des situations encore plus extrêmes que celles déjà connues.
Le mois d’août avait plutôt bien commencé, avec l’espoir du rétablissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz. La suite a été plus perturbée, entre nouvelles tensions entre Iran et Etats-Unis, nouveaux droits de douane entre Etats-Unis et Canada notamment, et intensification des bombardements russes sur l’Ukraine alors que le front semble figé. D’un point de vue macro-économique, l’activité reste bien orientée aux Etats-Unis, même si les surprises économiques se dégradent, alors que l’Europe est dans une dynamique plus incertaine.
Face à cette situation, les marchés se sont concentrés sur la fin des publications de résultats et les perspectives données par les entreprises, qui restent positives. In fine, l’optimisme aura surtout été limité par l’évolution des taux d’intérêt et le retour de l’inquiétude sur le niveau d’endettement des Etats, alors que des échéances électorales significatives sont devant nous (midterms, présidentielles françaises).
Le MSCI EMU progresse de près de 1%, tiré par les valeurs financières et de technologie : les valeurs financières allemandes, espagnoles et italiennes profitent de la défiance sur la France, et le marché semble accepter l’idée que l’IA ne disruptera pas nécessairement de façon définitive les logiciels comme SAP.
Sur le mois, CPR Invest Climate Euro sous-performe de façon assez significative son indice de référence. Cette performance décevante s’explique par la correction des valeurs françaises au sein du portefeuille (SG -11%, Orange -7%), une exposition aux valeurs de technologie toujours orientée sur les semi-conducteurs même si leur poids a été réduit, la correction d’AstraZeneca (-5%) et la sous-performance de dossier idiosyncratiques comme Ahold ou Siemens Energy.
Au sein du portefeuille, nous avons vendu Orange au profit de Deutsche Telekom : l’écart de valorisation relative entre les deux titres nous semble aujourd’hui excessif, alors que DT a souffert des rumeurs de fusion avec T-Mobile US et que ses qualités fondamentale restent inchangées. Nous avons également vendu Kingspan après son très beau rebond sur sa publication pour revenir sur Saint Gobain : le français souffre de sa nationalité, alors que ses fondamentaux restent excellent et que sa diversification internationale le protège largement de l’atonie du marché français. Nous avons continué à alléger les valeurs de semi-conducteurs comme STM pour renforcer plus marginalement Infineon, et vendu Astra après la déception de sa publication, pour initier une position sur Fresenius SE. Le groupe allemand est diversifié et ne dépend pas d’échéances brevetaires qui causent la défiance des investisseurs. Enfin au niveau des valeurs financières, nous avons vendu Erste Bank pour renforcer BNP et Eurobank, trouvant dans ces deux dossiers des croissances de résultats moins bien valorisées.
L’évolution des marchés pour les prochains mois dépendra évidemment de l’évolution des taux d’intérêt et de la perception du risque associé au niveau de la dette des principales économies mondiales, mais aussi des échéances électorales à venir et du bruit politique qui les entourera.
Au niveau micro-économique, la question de la rentabilité des investissements associés à l’intelligence artificielle reste entière, alors que la hausse des amortissements à venir continuera à peser sur les cash flow libres. Enfin, au sein des secteurs industriels, les performances inégales de cet été interrogent sur les multiples de valorisation que les investisseurs sont prêts à accorder à des sociétés pour lesquelles la visibilité reste excellente mais qui n’accélèrent plus leur croissance bénéficiaire.