Date d'effet: 31/08/2026Faits marquants sur le mois
En août, le fait marquant a été la remontée des rendements longs à l’échelle mondiale, alimentée par des craintes persistantes sur l’inflation et un regain d’inquiétudes budgétaires. Aux États-Unis, le rendement du Treasury 30 ans a atteint un plus haut post-2007 à 5,31 % le 17 août ; en Allemagne, le 30 ans a touché 3,81 % le 31 août, un plus haut depuis 2011 ; au Japon, le 30 ans est monté à 4,14 % le 18 août, son niveau le plus élevé depuis l’émission de cette maturité en 1999.
Les statistiques d’activité publiées au cours du mois ont globalement conforté l’idée d’une économie encore robuste. L’indice PMI composite flash de la zone euro a atteint 52,1 en août, son plus haut niveau depuis neuf mois. En parallèle, les tensions sur l’énergie ont renforcé les pressions inflationnistes : le Brent est resté volatile sur le mois et a clôturé autour de 89 à 90 USD/baril, après des phases de baisse liées aux espoirs de négociations puis de reprise à la suite des tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Iran.
Aux États-Unis, l’inflation totale a ralenti à 3,4 % sur un an en juillet; en zone euro, l’inflation a accéléré à 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin, tirée par l’énergie. À Jackson Hole, le discours de Kevin Warsh a été perçu comme plus ferme qu’attendu sur la priorité à donner à la stabilité des prix, ce qui a entretenu la pression haussière sur les taux. En Europe, les minutes de la BCE ont laissé entrevoir une sensibilité accrue à la remontée des prix de l’énergie, tandis qu’au Japon plusieurs responsables de la BoJ ont indiqué qu’un resserrement plus rapide restait possible.
Les marchés actions ont, dans l’ensemble, bien résisté à ce contexte de taux élevés et de pétrole ferme. Le S&P 500 a terminé le mois en hausse d’environ 2,6 %, l’Euro Stoxx 600 a progressé légèrement 0,5 %, le Topix a également avancé ; et les marchés émergents ont signé une bonne performance, portés par les valeurs technologiques.
Au niveau des styles et des secteurs, la lecture du mois reste claire : les valeurs de croissance, et en particulier la technologie, ont tiré les indices, tandis que les segments plus sensibles aux taux ont davantage souffert de la remontée des rendements longs. La robustesse des publications de résultats et la résilience de l’activité ont soutenu les révisions bénéficiaires dans plusieurs segments cycliques et technologiques, mais les marchés ont surtout retenu le message des taux longs plus élevés, qui a favorisé une rotation sélective plutôt qu’un mouvement de marché uniformément haussier.
A noter :
En juillet et août 2026, l'actualité internationale de la biodiversité est marquée par la reconnaissance du rôle central des systèmes agroalimentaires dans les stratégies nationales, confirmée par une note d'orientation de la FAO publiée pour la Journée internationale de la diversité biologique 2026. Les pays placent ces systèmes au cœur de leurs plans d'action, avec 36 % des actions prévues liées à ce secteur, et jusqu'à 80 % dans certains pays.
Parallèlement, le rapport de l'IPBES sur les relations entre entreprises, économie et biodiversité insiste sur la nécessité pour les entreprises d'intégrer leurs impacts et dépendances à la nature, une tendance soutenue par le Pacte mondial de l'ONU et le WWF.
Bilan des principales positions du mois :
Nous notons un effet sectoriel légèrement négatif, avec pourtant une bonne contribution des Consommation courante et Technologie mais négative dans les secteurs Immobilier et Energie.
L'effet pays fut quant à lui positif, notamment avec une bonne contribution en Europe et Japon mais négative en Asie et Amérique du Nord.
Nous observons également un effet négatif de notre facteur agressif, avec une contribution autour de -0.07%, et dans le même temps notons un effet neutre de notre facteur défensif.
L'effet taille de capitalisation a été positif, et celui lié à l'exclusion Biodiversité a été positif.
Sur la période sous revue, nous étions surpondérés sur le facteur esg et sous-pondérés sur le facteur taux de dividende.
Au niveau des valeurs, nous retrouvons de très bons contributeurs à la performance comme ServiceNow, (OW, 31.8%), Salesforce, (OW, 38.6%), Fox (OW, 14.6%), GoDaddy, (OW, 17.2%).
A l'opposé, les valeurs suivantes nous ont pénalisés: eBay (OW, -9.8%), NVIDIA (UW, 8.9%), Western Digital (OW, -18.1%), TJX Companies (OW, -15.4%).
Il n’y a pas eu d’opérations sur le mois.
Perspectives pour le mois suivant :
Le contexte de marché actuel est de plus en plus marqué par des ruptures structurelles plutôt que par un schéma classique de fin de cycle. Les tensions géopolitiques, les perturbations énergétiques et l’accélération technologique maintiennent une inflation plus tenace, des déficits publics plus élevés et une incertitude macroéconomique plus durable qu’au cours des cycles précédents. Les investisseurs ne doivent donc pas s’attendre à un retour rapide à l’environnement plus calme d’avant 2026, et la résilience devient un critère d’investissement central.
Les actions restent dans un environnement constructif, mais les opportunités sont davantage sélectives. Les marchés ont montré qu’ils pouvaient absorber des taux longs plus élevés tant que la dynamique des bénéfices reste solide et que les anticipations de croissance demeurent bien orientées. L’intelligence artificielle reste le principal moteur structurel, mais le thème s’élargit au-delà des premiers gagnants vers les infrastructures, l’énergie, les logiciels applicatifs et les fournisseurs industriels associés, ce qui devrait renforcer sa durabilité.
Sur le plan régional, les États-Unis conservent de solides fondamentaux, mais les valorisations sont élevées et le risque de concentration reste un sujet de vigilance. L’Europe paraît plus attractive en relatif, surtout en intégrant l’effet de change, et semble mieux à même d’absorber des prix de l’énergie plus élevés que redouté. Les financières, les industrielles, les utilities et certaines valeurs de qualité ressortent comme les segments les mieux positionnés dans ce cadre.
Les marchés émergents offrent également des opportunités, mais avec une forte nécessité de sélection. Certains marchés ont déjà été revalorisés, ce qui améliore les points d’entrée à long terme, tandis que la Chine reste un marché de sélection de titres plutôt qu’un thème d’allocation large. Le Japon demeure soutenu par de solides fondamentaux d’entreprise, même si, après sa forte hausse, l’approche doit devenir plus sélective. Dans l’ensemble, le positionnement reste modérément pro-risque, avec un accent sur la diversification, la qualité et les moteurs de croissance structurelle plutôt que sur les titres de marché les plus consensuels.